17 janvier 2008
On m'avait dit !
Moi :" Alors Théo, qu'est ce que tu voudras faire plus tard ? (je sais, idiote question, mais j'étais intriguée par la réponse que mon fils pourrait me donner !)
- Je voudrais conduire les TGV. Pas les trains, hein, les TGV.
- Super ! Et toi Ambre ?
- Coduire des tractopelles"
On m'avait pourtant annoncé une fille à la maternité !
16 janvier 2008
En écho au livre
Un petit texte qui traîte d'un thème abordé dans le livre de mon ami. Ce texte date de 2004, ce fut pour moi comme un défouloir :
DELICIEUSE VENGEANCE
"Dos au panier de basket, puni par mes compagnons de jeu, je me sens mortifié. Grotesque. Gros.
Gr... j'ai raté mon entrée dans le clan. Je ne ferai pas partie du cercle. Rendez-vous manqué avec l'Histoire. Avec mon histoire. Une ou deux passes imprécises, un tir au panier manqué... si peu de choses ont suffi à m'isoler. Me ridiculiser, m'amoindrir. Toute tentative d'explication serait vaine. Je n'ai pas mon mot à dire. Je dois expier ma faute dans le mutisme. Baillonné... et mis au piquet. Renvoyé sur la ligne de touche par les autres joueurs. La justification de cette attitude est évidente : c'est que j'ai fait étalage de ma faiblesse. J'ai failli dans la dissimulation de mes limites. Je suis imparfait. Handicapé presque... un tronqué de la performance.
Dans l'exécution de ma sentence je tourne le dos au jeu et aux joueurs. Je n'ose croiser leur regard. Il doit être plein de ce qui me fait frémir. Certaines pupilles suintent probablement le mépris. D'autres l'embarras. Les dernières la pitié... le pire. Même s'ils m'ignorent, je devine l'éclat dans leurs yeux. Il est couleur condescendance : noir de mépris, marron d'indifférence ou gris d'oubli. Je cesse d'être un ami potentiel. Je redeviens le garçon gauche et gênant. Un boulet dans la cotation de leur popularité. Image démarque. Le timide trouillard terrifié.
Je ferme les yeux pour chasser ces visions d'humiliation. Il faut que je me calme pour éviter la crise de larmes. Je dois maîtriser la cataracte de mon chagrin, éviter que la poche des eaux ne se rompe une seconde fois. Canaliser la chute. Pleurer, ce serait l'apothéose de la honte, le triomphe de la médiocrité. Je tente de trouver refuge dans un coin de ma tête et de m'apaiser par la force de la volonté, la supériorité de l'esprit. Contrôler mon affectif. Oublier que je peux ressentir, pour n'être qu'une implacable logique. Je m'efforce de faire abstraction de ce qui m'entoure... bruits, mouvements, sifflets, rebonds de la balle, et ce maudit terrain...
Je m'imagine dans mon antre : ma chambre. Mon domaine. Là, je fixe les règles. Dans cette intimité retrouvée, je savoure mon imminente vengeance. Toute faute mérite punition. Ils n'auraient pas du me rejeter... ils vont me le payer. Impitoyable rancune.
Les yeux clos, je me coupe du monde rationnel. Ma raison me quitte, éblouie par la haine bourdonnante. Peu à peu mon indulgence se fige. Refoulée, elle devient prisonnière de mon aveuglement. Prise dans les filets de la folie. Rejetée dans l'inconscience. La violence monte en moi. Je sens la sève de la colère affluer de tous mes membres vers le haut de mon corps. Mon coeur est pris de frénésie. Dopé à l'adrénaline, il bouillonne, presque noyé dans l'excitant. Il insuffle une énergie nouvelle à ma personne. Palpitations de délire. Je suis submergé par une vague de brutalité. Les synapses de mon cerveau sont agitées de soubresauts, mes neurones deviennent des furies. Je suis atteint de la démence de l'outragé. La chrysalide du déficient se rompt pour offrir la vie à un insecte dévastateur.
Malgré mon calme apparent, ma rage transforme les affreux en minuscules personnages. D'humains arrogants ils se métamorphosent en ridicules Playmobils. J'ai rétréci les Goliaths. J'ai renversé l'ordre des choses. J'ai maté l'autorité, dompté le dominant. Le sort de ces idiots dépend de mon caprice. Aliénation totale de mon humanité. Aliénation provoquée. Aliénation assumée. Je ne suis plus que fureur. Je ne peux faire preuve de mansuétude. Pas après ce qu'ils m'ont fait.
Je les jette dans le tiroir de ma table de nuit et les enferme à double tour. Les parois de bois du tiroir sont leur Nouvel Alcatraz. Ils se cognent impuissants contre les murs infranchissables et étouffants. Ils n'ont pour unique couverture qu'un mouchoir jetable utilisé. Un strepsil leur servira de repas. Attention danger : mon baume pour les lèvres devient un sable mouvant périlleux et gras. Mon livre de chevet un rouleau compresseur. « L'Arrangement » d'Elia Kazan... j'aurais du choisir « la Métamorphose » de Kafka... la Transmutation... nouveau titre. Conte moral dont je suis l'auteur. La leçon à en tirer ? 'Faut pas faire chier l'embarrassé, un jour il risque de se rebiffer.
Je me délecte de leur souffrance. Je ne me lasse pas de les voir gesticuler dans tous les sens. Shootés par l'effroi... ils ne passeront pas le contrôle antidopage. Ils sont drogués au stress. Leur ballon est une feuille de cahier chiffonnée. Ils tentent d'ouvrir leur prison en bombardant à tord et à travers le trou de la serrure avec leur obus de papier. Mais rien à faire. Le loquet ne veut pas céder. A leur échelle, c'est un pont-levis remonté. Un tronc d'arbre n'y suffirait pas. Ce qui n'est encore qu'un jeu de balle deviendra, c'est certain, un jeu de râles. Une cacophonie de la panique. Un charivari du désespoir. Ils sont totalement dépendants de la sphère en pâte de bois. Leur instrument d'oppression devient la seule clef potentielle de leur salut. De la rondeur pour lame salvatrice. Un ballon pour leur rédemption...
Mais ils manient la balle comme la vie. Sans nuance. Sans respect. Sans expertise. Je les observe répéter désespérément et invariablement les mêmes gestes : tirs tendus vers le mécanisme du verrou, signes d'impatience au lanceur malheureux, violence à peine contenue par celui qui s'accapare la balle, punition gestuelle et vexante à l'adresse du recalé par les autres candidats au saccage de la serrure. L'esprit d'équipe s'est ratatiné avec la perte de leur stature humaine. Rétrécissement de la solidarité frimeuse qui faisait leur force de pacotille.
Ils répètent désespérément et invariablement les mêmes gestes... les mêmes que quand marquer des paniers n'était qu'un jeu. N'aurait du être qu'un jeu. Les mêmes que quand ils m'ont fait comprendre que je n'étais pas digne d'eux. Un signe désinvolte de la main pour me signifier mon expulsion. Ma condamnation sans appel. Mon arrêt de mort. Les mêmes que quand ils m'ont obligé à délaisser la raison pour sombrer dans la névrose. Abandon forcé de mon humanité. Renonciation satanique. Capitulation perverse... je ne désire pas faire marche arrière. Le taré a gommé l'effacé... mon étrange pouvoir m'hypnotise.
Je jubile de les voir constater leur impuissance avec ce qui faisait auparavant leur force. De maîtres ils sont devenus pantins. Des marionnettes dépendantes de qui daignera agiter leurs ficelles. Je suis un Gargamelle goulu de Guignol. J'ai fait de mes tortionnaires mon jouet secret. Une toupie condamnée à tournicoter. Moi-même privé de jeu, je leur impose une partie de balle éternelle. Régression fantastique vers la petite enfance : je suis le psychotique assoiffé de ludique. Je choisis la récréation infinie. Mon divertissement ne peut souffrir de pause. C'est la dictature de l'amusement. Féroce fantasme du fou qui focalise son fiel sur ces faméliques fourbes...
Je suis le Grand Bourreau. Le Décideur. Par le pouvoir du cadenas chevêtal, je détiens la force toute puissante... je suis l'égal du Créateur. Je fais justice sur la Terre. Jouissif ! Les ridicules Stroumpfs ne peuvent qu'implorer ma pitié. Supplier ma sensibilité. Éveiller ma bonté. Ils n'ont pas d'autres espoir de salut. Pour une fois c'est eux qui sont soumis à mon bon vouloir. Ils sont dépendants de ma clémence. JE décide qui doit vivre ou mourir.
Et les oublier là, c'est ce qui me fait revivre."
15 janvier 2008
Un livre
J'ai découvert récemment qu'un ancien camarade de Lycée avait publié son premier roman. Etrange sentation...
J'ai toujours su qu'un jour T. publierait. Pour moi, c'était un peu comme une évidence. Mon ami s'est tourné vers le théâtre, la mise en scène, mais dans mon souvenir, c'est au monde des livres qu'il est définitivement associé.
Etre mise devant le fait accompli a remué pas mal de choses en moi. Longtemps je suis restée en contemplation devant la photo de la couverture dudit livre : "Qui suis-je ?" (auteur : Thomat GORNET).
Puis je me suis décidée à commander l'ouvrage, à la fois inquiète et impatiente... Le facteur a été gentil pour une fois, je n'ai pas trop attendu.
Je ne ferai pas de critique pseudo-littéraire du livre. Ce n'est pas mon objectif, j'y serais très mauvaise. On aime un livre ou pas, mais il est mal venu de le critiquer... C'est mon point de vue sur les critiques (littéraires, artistiques en général).
Je voudrais juste vous dire qu'il est très étrange de lire les mots et de découvrir une histoire créée par quelqu'un que le connaît. Qu'on se pose beaucoup de questions sur le processus d'écriture qui a mené à l'oeuvre, beaucoup plus que de la part d'un auteur inconnu de soi : est-ce autobiographique ? Tout ou partie ? Comment lui ai venue telle idée ? Telle opinion ? Quelle fut ses motivations ? Est-il heureux de cet achèvement ?
Juste vous dire que j'ai parfois reconnu ses tournures de phrase, ses expressions, que son humour est partiellement le même. Curieuse impression de déjà-vu pour moi, alors que tout est nouveau... presque comme du voyeurisme... J'ai bien écrit presque !
Enfin fatalement, immanquablement, la question qui me travaille depuis cette découverte : lui a publié... Et toi, Anne, qu'as-tu fait ?
14 janvier 2008
Petite bille
Vendredi 11 janvier 2008 : Ambre, deux ans et demi, m'annonce fièrement : "maman, j'ai une bille dans le nez"...Ces petites billes que Théo s'évertue à trouver au petit parc (billes de paintball ?).
Moi : " viens te moucher pour faire sortir la bille" (l'espoir fait vivre).
Bein évidemment, Ambre a inspiré au lieu de souffler...et la bille est partie dans le nez !
Appel au médecin traitant, radio de la face, extraction de la vilaine bille par un ORL (pas d'hôpital nin d'anesthésie, ouf!).
Je vous tairai les sourires ironiques du personnel médical et les "elle est où la petite fille qui a sniffé une bille?" tout haut dans la salle d'attente... Quand on est mère, on apprend à ne plus avoir peur du ridicule !
Je passerai sous silence l'attente interminable avec deux enfants de deux ans et demi, et onze mois, fatigués et affamés... Et toute la joie que procure ces moments...
Conclusions :
-Théo était à la cantine, ouf !
-Les risques étaient sérieux : embolie notamment...
Cet incident fait suite à un accident de poussette (un mini-bus a foncé dans ma poussette et endommagé les roues avant) et à l'amputation quasi complète d'un doigt d'Ambre (que je lui ai coincé dans la porte de douche, involontairement, bien évidemment).
Depuis un an, j'ai pris conscience de la vulnérabilité physique de mes proches, de mes enfants...
J'ai beaucoup vieilli en un an.
Et dire que ma fille aurait pu taire sa bêtise et s'allonger avec sa bille dans le nez...
Par où tout commence
Une amie me l'a suggéré, je passe à l'acte : tenir un journal de famille. Je le fais par ailleurs sur support papier, mais l'envie de partager mes péripéties du quotidien et mes réflexions avec autrui m'ont fait pencher pour la solution blog.
Je ne demanderai qu'un seule chose : commentez, corrigez-moi, complétez-moi... mais s'il vous plaît, pas de jugement... Ils n'ont pas de place ici. Je suis très imparfaite, je le sais déjà...
